L'interdit biblique de la nudité était suivi avec une ferveur inquiète au Moyen Age. Les hommes portent des braies, héritage celtique apprécié pour son caractère usuel et calorifique. Ce dernier, un caleçon de taille variable, était fait de laine, de toile ou de cuir. La braguette de l'époque était une pièce rabattue qui était maintenue par des nuds : L'aiguillette. Il est difficile de discerner l'origine du nom car il y a parfois confusion avec le phallus. Toujours est-il que « nouer l'aiguillette » (attenter à la virilité d'autrui jusqu'à l'empêcher d'atteindre l'érection ou l'éjaculation) était un crime grave qui, considéré comme de la sorcellerie, pouvait vous valoir l'internement à vie. Ce phénomène s'explique aujourd'hui par psychanalyse mais valait à de pauvres femmes, trop belles ou trop ressemblantes à un visage inconsciemment sacralisé par le partenaire, une fin abjecte. La braie était maintenue à la taille par une ceinture appelée braiel. Le haut du corps était couvert d'une chemise à manches longues, tombant à mi-mollet. Jusqu'au XIIe siècle, cette chemise était en laine, puis l'usage de la toile, de plus en plus fine, se répand. Les plus pauvres et les moines demeurèrent les seuls à l'employer (la bure monastique par exemple). Les gens soigneux changent de chemise tous les quinze jours.
Les femmes portent la même chemise, mais tombant jusqu'à la cheville. On peut dire que la mode était aux dames fines voire évaporées qui contrastaient avec la vigoureuse santé des femmes du peuple. En cela, les canons d'alors pourrait ressembler aux actuels en ce qu'une poignée désignent ce qui est à la mode à une population ne s'y reconnaissant pas et faisant surtout grand cas du charme qu'il soit porté rond ou grêle. La mode noble étant aux poitrines hautes, certaines n'hésitant pas à fixer des pelotes "en forme de pommes d'orange" pour améliorer leurs formes. Celles trop généreusement nanties se serraient la poitrine dans un voile de mousseline que l'on épinglait par derrière (l'ancêtre de notre soutien-gorge).
Hommes et femmes passaient ensuite un doublet, c'est à dire un gilet piqué et ouaté, puis une cotte, qui est une robe longue et largement évasée vers le bas puis un surcot, qui peut prendre diverses formes et être de matières variées. Souvent fourré pour l'hiver et single (sans doublure) pour l'été, ce peut être un vêtement aussi long que la cotte, ou une simple jaquette, avec ou sans manches, avec ou sans passementeries, broderies, fourrures, etc. Des surcots faciles à laver et sans manches se passaient sur les vêtements avant le repas, et tenaient lieu de serviette. La ceinture, généralement portée par les seuls hommes, est souvent de cuir, parfois brodée ou orfévrée. On l'utilise pour suspendre les couteaux, les clefs, la bourse ou dévoiler les amants comme dans le cas de Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X de France et Blanche de Bourgogne, femme de Charles (futur Charles IV le Bel), sont dénoncées par Isabelle de France (fille de Philippe le Bel et reine d'Angleterre) dans l'affaire de la tour de Nesle. Elles auraient trompé leurs maris sans honte avec deux frères : Philippe et Gauthier d'Aunay, tous deux chevaliers de l'hôtel royal. *
Un manteau souvent fourré de lapin, ou d'écureuil, fermé sur la poitrine par une broche, sans manches mais à capuchon facultatif, protégeait du froid lors des déplacements à l'extérieur. Son aspect trahit sa filiation avec la houppelande et, comme la fibule de celle-ci, l'agrafe pouvait être un bijou très travaillé. Du fait des frimas, les va-nu-pieds étaient rares. Les parties inférieures étaient couverts par les chausses, des bas tricotés ou taillés étroitement dans l'étoffe, et maintenus par des jarretières. Parfois, les chausses étaient "semelées", ce qui évitait de mettre une autre chaussure, surtout à l'intérieur. Sinon, on portait des souliers faits d'étoffe ou de cuir souple et, l'hiver, des brodequins fourrés.
Un texte du début du XIIIè siècle indique la marche à suivre la matin, une fois dites les prières : "Premièrement vêtez votre chemise, chaussez vos braies, vêtez votre blanquet ou votre futaine (sortes de gilets), affublez votre chaperon, chaussez vos chausses, chaussez vos souliers, puis vêtez vos autres robes (employé ici dans le sens de vêtement), et ceignez votre courroie (ceinture)."