Le texte cité précédemment indique aussi : "lavez vos mains, vos doigts, vos ongles, votre visage." Ainsi, il n'était procédé à la toilette qu'une fois les vêtements mis, et on se bornait à nettoyer les parties du corps qui restaient visibles. Ceci était avant tout dû à la promiscuité : plusieurs personnes partageaient la même pièce, et il n'y avait aucun moyen de s'isoler pour la toilette. De même, des croyances médicales saugrenues (pour nous maintenant) prétextaient que se laver était dangereux ; La saleté comblait les pores de la peau et empêchait les humeurs malsaines d'y pénétrer Il fallait d'ailleurs s'en abstenir dans les trois jours qui suivaient une saignée.
Cependant, les paysans faisaient régulièrement des toilettes plus poussées, qu'ils pratiquaient torse nu devant un seau d'eau. En ville ou dans les châteaux, on prenait des bains dans les mêmes grandes cuves de bois qui servaient à couler la lessive. On en recouvrait le fond d'un linge épais, afin d'éviter les échardes. Dans les monastères par contre, les bains étaient réservés aux malades et aux convalescents. Ils étaient en effet considérés comme une coquetterieet donc une activité rejetée. Pour autant, et ce n'était pas le moindre des paradoxes du Moyen Age, les bacheliers prenaient des bains purificateurs avant l'adoubement tandis que le roi lavait les pieds des humbles en signe de soumission à Dieu. Le Moyen Age, à une période où les connaissances ne s'obtenaient que par une transmission d'une fidélité douteuse de textes ou de propos lointains dans le temps ou l'espace, ne manquaient pas de créer ainsi des informations contradictoires sur cette période : Même les plus pauvres citadins allaient aux bains publics, preuve que toute la population n'était pas convaincue de la véracité des théories médicales et leur préféraient les théories hygiénistes faisant du Moyen Age une période plus propre (d'après nos critères) que la Renaissance. On sait par exemple que Paris en comptait 26 en 1292. Ces bains étaient ouverts tous les jours sauf les dimanches et jours de fêtes. Des étuveurs se chargeaient de chauffer l'eau, puis quand elle était prête, des crieurs annonçaient l'ouverture du bain. Il fut d'ailleurs interdit de faire crier avant le lever du soleil, afin d'éviter que les clients, se pressant pour le bain, tombent sur des voleurs.