Le Moyen Age est une période longue et, somme toute, confuse. Entre son début, l'effondrement de l'Empire Romain d'Occident (4 septembre de l'an de grâce 476) et la découverte du Nouveau Monde en 1492, sa fin officielle, la peine et la gloire ont coulé dans le même lit creusé depuis que l'Homme est Homme. Ces deux bornes, dictées par la seule Europe, sont vides de sens. De cette partie de l'Histoire, quelques images nous viennent à l'esprit, la plupart fausses. L'obscurantisme, la misère matérielle et morale, la guerre, la peste et les remparts des châteaux dominant un monde chaotique, dangereux et immobile, n'appartiennent qu'à notre inconscient collectif -mais pas à la réalité. En vingt ans, les situations pouvaient radicalement changer tant au point de vue matériel et spirituel que politique et religieux.
Pour décrire ces temps, il faut donc revenir à son inventeur et son seul usager, l'Homme lui-même, ou plutôt l'Occidental. Et la seule homogénéité que l'on puisse trouver au Moyen Age est la prédominance du clergé et la puissance de la religion, son hégémonie, sa répartition étendue et la profondeur de la foi alors. De lui émane le contrat social médiéval, c'est-à-dire la façon dont les contemporains vivaient (ou étaient invités à vivre) leur quotidien et les rapports entre la religion d'amour et de partage qu'est le christianisme et un présent ainsi qu'une mise en pratique beaucoup moins compatibles avec ces louables objectifs.