Chevalier, baron, comte, duc, prince, roi sont les titres nobiliaires par ordre croissant. Vicomtes et marquis apparaîtront aussi mais, tout du moins au Moyen Age, représenteront des réalités contrastées. Vous êtes invités à consulter sur le présent site une explication plus poussée des éléments martiaux de cette époque.
Les mercenaires font que la vraie difficulté ne réside pas dans la guerre elle-même mais, plutôt, dans la période qui la suit immédiatement. En effet, les hommes d'armes ayant loué leur assistance durant les conflits se retrouvant désuvrés s'en vont rôder dans le pays, rançonnant et pillant. Alors qu'ils purent rendre d'appréciables services aux nobles soucieux de leurs agissements sur les populations (avec une attention diverse), ceux-ci sont amenés à les traquer et détruire afin d'amener la meilleure partie d'entre eux à se ranger ou, mieux, à partir loin chercher fortune. L'entreprise peut se révéler plus qu'ardue mais nécessaire pour permettre à tous de retrouver le calme indispensable à la prospérité. Ils peuvent gangrener toute une région s'ils peuvent se coaliser en Grandes Compagnies (si les nobles leur en laissent le temps) et tenir tête à des armées féodales. Le mercenariat est cependant marginal et une telle extrémité ne se voit que très rarement Pour l'instant.
Par exemple, Richard Cur de Lion et Philippe Auguste se sont heurtés par mercenaires interposés, Cadoc pour Philippe, Mercadier pour Richard. En guise de remerciement et éviter de le voir se retourner contre lui, Richard anoblit Mercadier, qui fut fait baron de Beynac.
Au demeurant, les chevaliers sont les maîtres du champ de bataille et rien ne leur résiste sinon leurs pairs.
Le pouvoir des petits nobles est donc strictement agricole et, le plus souvent, lié à des impôts ou redevances fixes ou par individu. Cela les tiendra donc à l'écart de la croissance des villes, aux mains de l'aristocratie et des rois, et justifiera leur perte.
A cheval entre les deux, il est possible de rencontrer des chevaliers errants, fils cadets de familles prolifiques ayant, tout comme les aînés, suivi un entraînement militaire. Celui-ci leur permettant, si nécessaire, de prendre la place laissée vacante dans la succession par le décès des aînés avant leur entrée dans le patrimoine paternel. L'objet du dilemme apparaît lorsque le cadet refuse d'entrer dans les ordres.
Cette pratique était plus courue alors qu'on ne le pense, car très prestigieuse et matériellement enviable même sans la dérive népotiste du siècle des Lumières. En effet, des monarques sinon des empereurs en puissance se sont faits moines pour échapper à un siècle violent et vivre en accord avec leur foi et leur désir d'élévation spirituelle et intellectuelle.
Or donc, le cadet, devenu professionnel de la guerre mais sans ressources n'avait souvent comme richesse qu'un titre, une aptitude au combat et au commandement des troupes, et une morgue accrue par le désir de n'être noyé dans la masse des gueux d'autant plus grande que se rapprochait la pauvreté Ces hommes, mal dotés et aigres, pouvaient se mêler aux bandes d'écorcheurs, voire en prendre la tête. Certains entraient dans un ordre militaro-religieux, d'autres s'en allaient courir leur fortune dans les tournois ou dans les contrées en guerre pour rentrer en grâce auprès de suzerains potentiels et d'entrer à leur service.