Se divertir


Les hommes et les femmes du Moyen Age à profitaient de toutes les occasions de rire et de faire la fête. Dans les villes, la rue est envahie par les musiciens ambulants, les jongleurs, les "monstreurs de bestes étranges" et les diseuses de bonne aventure. Elle peut aussi devenir le lieu de jeux collectifs, d'adresse ou de force. Alors se déroulent tirs à l'arc ou à l'arbalète, jeux de quintaine, batailles rangées à coup de cailloux... Grimper à un mât pour y décrocher quelque présent ou sauter au-dessus du feu de Saint-Jean en l'honneur d'une belle étaient pratique courante. Et sur les places ont lieu des courses de chevaux ou des jeux de ballon. Dans les campagnes, on trouve surtout des jeux de ballon, ou des lancers de javelots, des tirs à l'arc, notamment dans le Pays de Galles...
Les principales fêtes sont religieuses, ou liées à un événement royal (naissance, mariage, victoire militaire par exemple). A ces occasions, toute la population se rassemble autour de banquets, forme des processions, danse ou se presse sous le pas d'un quelconque seigneur dispersant des pièces d'or à la volée. Entre toutes les fêtes, les jours chômés pour fêter le saint patron de telle ou telle corporation, le chiffre de trente jours de repos annuel en plus du dimanche hebdomadaire semble raisonnable. La journée de travail était calquée sur la durée de la journée du fait du prix des luminaires (bougies). A la fin du Moyen Age, l'horloge mécanique viendra intégrer à l'Europe, la seule qui fit aussi ouvertement bon accueil à cette invention qui se démocratisa rapidement, les idées de travail par unité de temps absolue, donc de rentabilité. Là peut se deviner ce qui fera du continent le maître des siècles à venir…
Dans l'enceinte des châteaux, en dehors des périodes de fête, les jeux sont un moyen d'occuper les longues journées, surtout lorsque le climat interdit les promenades ou les parties de chasse. La mine et le hasard sont des jeux de dés très populaires, où l'argent intervient. Nous n'en savons que très peu de chose, notamment parce que l'Eglise l'interdira, mais apparemment il fallait faire un double six pour remporter les mises. Les échecs, apportés par les Croisés de retour d'Orient, étaient aussi très pratiqués, et faisaient même partie de l'éducation des jeunes nobles. D'inspiration hindoue, les pièces avaient déjà été stabilisées sous la forme que nous leur connaissons. Ainsi, l'éléphant de guerre, les chars ou le premier ministre avaient déjà été supplantés par les fous, les tours et la Reine. Pourtant, la Reine n'était pas libre de ses mouvements, se contentant de suivre de Roi par un mouvement gratuit qui entravait le recul de la pièce royale.

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